atelier d′architecture environnementale
 

Pour une architecture qui renforce la relation de l’être humain avec son environnement L’atelier poursuit une démarche et une réflexion sur l’architecture écologique en abordant plusieurs aspects et plusieurs échelles : la relation au site, la conception bioclimatique, la relation de l’habitant avec l’enveloppe bâtie, la construction d’une coopération entre l’architecte et le maître d’ouvrage qui permette la réalisation d’une architecture durable, la santé, etc.

 
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  Ruralité et architecture écologique  
   
 

L’architecture écologique a partie liée avec le monde rural mais plus encore, elle participe à la création d’une nouvelle ruralité.

 
 

Voir : stage "reinventer la ruralité dans un monde en transition"


L’espace rural traditionnel est celui d’un pays caractérisé par son terroir, son climat, son relief et l’habitat qui est issu de ceux-là. Par contraste, l’espace de la ville tend à s’affranchir du sol, des contingences du lieu, c’est l’espace du mouvement et du commerce pour lequel il n’est plus rien de vernaculaire. Les matériaux mêmes qui servent le dessein de la ville ont parcouru de grandes distances. La stratégie du transport de toutes matières pour le meilleur profit a gagné et transformé tous les recoins, tous les villages et hameaux après avoir transformé les villes. Aujourd’hui, le paysage est modelé par des ambitions individuelles et collectives et par des systèmes constructifs détachés du lieu : les relations sociales ont été atomisées et chacun aspire à un ilot personnel (bien que standardisé) ; les ressources du cru sont méprisées pour des matériaux industrialisés et normalisés. La ruralité tendrait alors à disparaître sous le miroir de la ville. Pourtant, il est des particularités du monde rural qui persistent malgré toutes les altérations et qui pourrait être qualifiées ainsi : proximité avec les éléments naturels, plus grande convivialité, qualité de vie.

C’est sur ce terreau que sont nées les premières expériences de vie sociale écologique et avec elles des expériences de construction écologique. Les précédant, l’habitat vernaculaire est par essence écologique car il est adapté au lieu et né de ce lieu, de son terroir et des pratiques anthropiques qui y sont attachées. Dans une approche tout à fait différente, puisqu’il est issu du souci de répondre aux nouvelles organisations sociales créées par l’industrie et l’économie, l’idéal des cités jardins peut aussi être qualifié d’écologique avec la dimension limitée et l’espace concentrique de la nouvelle ville, la campagne autour et les jardins à l’intérieur, soit une tentative pour concilier les avantages respectifs des espaces urbains et ruraux. De fait la relation avec la campagne est indissociable des projets d’aménagements écologiques qu’il s’agisse d’éco-hameaux créés dans l’optique d’une microsociété plus équitable et plus conviviale ou de quartiers de villes nouvelles réalisés dans le souci d’une meilleure gestion des impacts environnementaux : au minimum la campagne sert la ville pour ses besoins vitaux, au mieux, la campagne est l’espace permettant le développement de relations sociales équilibrées dans une plus grande proximité avec la nature.

Afin de répondre aux enjeux d’un développement plus équitable et équilibré, il semble aujourd’hui essentiel de relocaliser l’économie. Cet objectif entraîne pourtant quelques questions : à quelle échelle situons-nous le local ? Que devons-nous modifier dans notre relation au pays et au paysage pour atteindre un meilleur équilibre ? Il y a dans le local, la notion de proximité et de relation étroite au lieu. Cependant selon le domaine étudié, l’échelle locale sera la région, le bassin, la vallée, la colline, la mare, la place de l’église, etc. L’impact sur l’environnement d’une culture, d’un mode constructif ou autre pourra être différent suivant l’échelle à laquelle il est observé. Par exemple, la production d’une plante réputée pour la biomasse peut être favorable pour la fourniture locale d’énergie mais l’utilisation d’intrants ou les coupes sèches de haies pour cette culture peuvent avoir des conséquences importantes sur l’environnement proche. C’est pourquoi, dans notre relation au paysage, certains comportements doivent être modifiés : si nous voyons dans la campagne un espace à exploiter pour notre seul profit, il y a déséquilibre ; il en sera autrement si nous abordons le pays comme un ensemble complexe d’adaptation au terroir et au climat, de relations sociales et de cultures (au sens de civilisation).

Dans le domaine de la construction écologique, la relation au terroir, à la production agricole et sylvicole, l’adaptation au climat et les liens culturels sont fondamentaux. Les pratiques sont différentes suivant les régions même si certaines techniques sont plus largement utilisées que d’autres. Les modes constructifs utilisés aujourd’hui en construction écologique sont principalement issus de développements de ressources locales dans des régions essentiellement rurales. Dans la région du Vorarlberg en Autriche, modèle d’aménagement durable, le développement des pratiques écologiques a été effectué autour d’un réseau d’entreprises, de concepteurs et de maîtres d’ouvrage mettant en œuvre le bois des montagnes ou la terre ainsi que des isolants issus de l’industrie de la cellulose et du bois mais aussi l’utilisation de la biomasse, etc. Ce fut et reste un moteur économique pour cette région qui exporte ses productions dans toute l’Europe. En France également, les pratiques écologiques sont nées dans le monde rural ou en lien avec lui grâce à l’utilisation de ressources locales et l’adaptation au climat : conception bioclimatique ; construction en terre, en bois, en fibres végétales (paille, chanvre, lin) ; chauffage par biomasse, géothermie ; énergies renouvelables, etc. Cette dimension doit être conservée et mise en valeur dans tous les projets intégrant une démarche environnementale, que ce soit par la relation avec le paysage, par la prise en compte de l’histoire et de la culture du lieu ou par l’utilisation des ressources disponibles.

Les conclusions du groupe d’expert sur le climat le montre : l’homme tarde à prendre la mesure des conséquences de ses actes sur l’environnement et sur son cadre de vie. Que ce soit à l’échelle de la planète, d’un pays, d’une région ou d’un village, les effets d’un développement inéquitable et déséquilibré se font sentir aussi bien dans les relations sociales que dans le lien avec la nature. Le cadre de vie de l’homme est l’ensemble des éléments qui lui permette d’assurer son épanouissement tant physique que spirituel. A ce titre, les espaces créés par l’architecture et l’urbanisme jouent un grand rôle et leurs liens avec les éléments naturels, qu’ils soient pérennes ou, au contraire, destructeurs, sont la clé d’un développement plus équilibré. Demandons-nous simplement quel lien l’architecture entretient avec le terroir qui lui est proche. Il est évident qu’une construction mettant en œuvre des ressources locales pour la construction ou pour les énergies sera plus proche du site et de ses habitants. C’est ainsi que l’architecture écologique propose une relation privilégiée avec le monde rural, elle participe même à la création d’une nouvelle ruralité (les cités-jardins de demain). Et dans ce dialogue avec le local, l’architecture écologique contribue à la préservation de l’écosystème global.

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